Au fil des années, les épisodes de canicules seront de plus en plus approchés et prononcés. Les effets de cette chaleur sont plus prononcés en ville rendant la vie compliquée voire dangereuse pour les plus fragiles.
Les études montrent que l’aménagement urbain a un effet sur les températures qu’il soit positif ou négatif. Nous allons voir dans cet article quelles sont les solutions que l’aménagement urbain peut apporter pour lutter contre ces épisodes caniculaires.
Une canicule
c'est quoi ?
La canicule est définie suivant deux paramètres : la chaleur et la durée. En effet, il s’agit d’un niveau de très fortes chaleurs le jour et la nuit pendant au moins trois jours de suite.
Ces évènements peuvent avoir des conséquences dramatiques sur les personnes à risque comme les personnes de plus de 65 ans, les enfants et nourrissons, les femmes enceintes…

Pourquoi fait-il plus chaud
à la ville qu'à la campagne ?
En été, les citadins sont particulièrement exposés aux fortes chaleurs que ce soit le jour ou la nuit. Il s’agit du phénomène d’ilot de chaleur urbain (voir article ici). Les différences de température peuvent être conséquente : suivant la saison, la différence est de 4 à 5°C en moyenne.
Mais les études montrent des différences jusqu’à 10°C notamment la nuit entre le cœur d’une zone urbaine et d’un espace rural proche (situé dans un périmètre de 50 kilomètres). Cette importante différence est due au maintien des fortes températures en ville. Cela s’explique par divers phénomènes : des matériaux qui retiennent la chaleur, la géométrie des bâtiments et des rues, les activités anthropiques etc.

Quelles solutions
pour lutter contre
ces épisodes caniculaires ?
Il est important de comprendre qu’il n’existe pas de solution miracle mais il s’agit avant tout de mettre en œuvre une multitude de mesures qui ensemble produiront des effets bénéfiques.
Établir un diagnostic du territoire pour mieux le comprendre
Avant de chercher les solutions qui pourront diminuer les effets de la canicule, il est essentiel d’établir un diagnostic de son territoire.
Cet état des lieux sera le support des actions à mener pour prévenir et diminuer l’impact des fortes chaleurs.
Différentes thématiques pourront être abordés en fonction des spécificités de votre territoire.

Créer des espaces verts et planter des arbres endémiques

En plus de leurs vertus sur la pollution de l’air, la santé et la qualité de vie, les espaces verts jouent un rôle fondamental dans la lutte des épisodes caniculaires. Les arbres apportent de nombreux effets positifs :
- Les feuilles et les branches réduisent la quantité de rayonnement solaire qui atteignent le sol à l’aide de mécanisme d’absorption et de réflexion. Par exemple, la canopée en été ne laisse passer que 10 à 30% du rayonnement solaire. La température à la surface est donc rafraichie et donc la chaleur qui sera transmise par cette surface aux bâtiments et à l’atmosphère sera diminuée également.
- Les flux d’eau à travers le couvert végétal jouent également un rôle dans le rafraichissement grâce au passage de l’eau de l’état liquide à l’état de vapeur. Le passage d’un état à l’autre demande une certaine quantité de chaleur qui est donc captée lors de ce changement.
Même si l’intensité de rafraîchissement dépend de nombreux facteurs (type de végétation, du climat, de la forme urbaine etc…), la combinaison de ces deux phénomènes que sont l’ombre et l’évapotranspiration permettra de diminuer significativement la température.
D’ailleurs des études montrent que ce rafraîchissement peut se ressentir bien au-delà de la zone de fraicheur : A Londres, le parc de Kensington Gardens réduit dans certaines conditions jusqu’à 4°C la température de l’air dans un rayon de 400m durant les nuits les plus chaudes. A noter que plus la taille d’un espace vert est importante, plus le refroidissement engendré est prononcé. Les études ont également montré que la forme et l’orientation de l’espaces verts étaient négligeable par rapport à sa taille.
La création d’espaces verts et la plantation d’arbres peut prendre différentes formes et s’adapter à de nombreux contexte : Végétalisation des stationnements, des façades d’un bâtiment, des toits, plantation ponctuelle d’arbres le long d’un aménagement urbain …,

Contribuer au développement de l’agriculture urbaine

L’agriculture urbaine est parfois oubliée dans les aménagements urbains or elle contribue au développement et au retour de la Nature en ville. Elle apporte de nombreuses vertus comme l’amélioration du cadre et de la qualité de vie, développe les liens sociaux, joue un rôle pédagogique, préserve la biodiversité mais elle peut aussi avec un impact dans la lutte du réchauffement des villes.
De plus, il existe plusieurs types d’agriculture urbaine qui peuvent facilement s’adapter à chaque territoire. L’agriculture urbaine se divise en cinq grandes familles :
- Les espaces productifs interstitiels
- Les jardins collectifs ou partagés
- Les micro-fermes
- Les fermes urbaines spécialisées
- Les fermes périurbaines maraîchères
Les espaces productifs interstitiels : ils se développent essentiellement dans l’espace publics (squares, placettes…) et dans les espaces privés (balcons, cours d’immeubles…) à l’aide de petits bacs voire la plantation d’arbres fruitiers
Les jardins collectifs ou partagés : généralement créés par un collectif d’habitants ou d’une association
Les micro-fermes : il s’agit avant tout de lieu de productions alimentaires. Nous pouvons la retrouver dans des espaces dédiés, dans des parcs mais aussi sur les toits. Ces micro-fermes favorisent les circuits courts avec les habitants et les petits commerces du quartiers (restaurants, magasins…)
Les fermes urbaines spécialisées : ce sont des exploitations agricoles qui visent à mobiliser peu de foncier à l’aide de solutions alternatives : serre sur les toits, fermes verticales,
Les fermes périurbaines maraîchères : ce sont des exploitations agricoles de pleine terre en lien avec la terre sur de grandes surfaces (plusieurs hectares) généralement dans les zones péri-urbaines.

Adapter la mobilité au changement climatique

La mobilité et les déplacements urbains ont un impact non négligeable sur le réchauffement urbain. De plus, ils contribuent à la formation du smog urbain (pollution de l’air localisé généralement au-dessus des centres urbains et caractérisé par un épais brouillard ou nuage). Il existe de nombreuses solutions pour réduire le trafic routier et favoriser des mobilités alternatives afin de diminuer les sources de chaleur anthropiques comme :
- La limitation de la circulation pour les véhicules motorisés avec la création de zones piétonnes ou de zone de rencontre
- La limitation de la vitesse de circulation avec la création de « zone 30 »
- Une sensibilisation à la conduite économe
- Le développement d’un réseau de transport collectif varié et performant. Un accès gratuit à l’ensemble du réseau lors des alerte de fortes chaleurs est également une solution efficace de lutte.
- La création et le développement d’aménagements adaptés aux mobilités douces : voies vertes, bandes et pistes cyclables, élargissement des trottoirs… En plus de favoriser d’autres usages, ils sont propices à l’introduction de végétation et d’une gestion plus durable des eaux.

Créer des zones de fraîcheur

Dans les périodes de fortes chaleurs, les zones de fraîcheur sont des espaces essentiels et forcément très prisés des habitants. Ces zones de fraicheur peuvent présenter différentes formes afin de s’adapter à chaque contexte :
- Création de points d’eau : aires de jeux aquatique, fontaines, bassins, aménagement des bords d’un cour d’eau, brumisateurs, bassins de rétention etc Les solutions sont multiples.
- Développer des zones d’ombrage : plantation d’arbres, de pergolas, …
- Réaliser des espaces verts de grandes surfaces et arborés
- Insérer des micro-forets urbaines sur la base de la méthode Miyawaki. L’objectif de ces espaces est multiple et l’écosystème créé devient assez vite autonome
Favoriser les couleurs claires et les matériaux drainants
Au cours de la journée, les matériaux que composent les villes accumulent de la chaleur et la restituent à la nuit tombée. Certaines surfaces peuvent atteindre des températures très élevées (notamment le bitume et autre matériaux foncés) en absorbant le rayonnement solaire.
Il existe des matériaux qui ont un fort albédo permettant ainsi de diminuer l’accumulation de la chaleur :
- Le pavé inversé : cette technique consiste à ajouter un granulat avec un albédo haut au-dessus d’une couche d’enrobé
- L’ajout de pigment réfléchissant à l’asphalte permet d’augmenter sa réflectivité
- L’ajout d’une peinture spéciale et réfléchissante sur l’enrobé : des baisses de plus de 7°C ont déjà été enregistrées avec cette technique notamment à Los Angeles
- Le béton de couleur claire possède un albédo plus important que l’asphalte
- Les revêtements perméables possèdent un albédo élevé et ils permettent en plus une bonne infiltration de l’eau dans le sol

utiliser un éclairage réfléchit et raisonné
L’éclairage participe lui aussi aux apports de chaleur en ville. La chaleur émise par les sources lumineuses est, comme les rayonnements solaire, absorbée par les matériaux alentours.
Des solutions simples existent pour diminuer l’impact de l’éclairage et lutter comme la chaleur en ville :
- Utiliser des lanternes type LED qui, en plus de demander une faible énergie, émettent peu de chaleur
- Ajuster le flux lumineux : certaines zones peuvent ne pas être éclairées en continu la nuit
- Utiliser des détecteurs de présence : lorsqu’un piéton passe, la lumière éclaire l’espace. Cette solution évite le gaspillage
- Disposer des horloges : les horloges permettent de régler précisément l’éclairage souhaité
- Intégrer des capteurs : ces appareils mesurent l’intensité de l’éclairage naturel et permettent ainsi d’éclairer au plus juste et bon moment.

Vous souhaitez créer des aménagements urbains afin de prévenir et de lutter contre les canicules ?
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