Nous le constatons tous, les vagues de chaleur sont de plus en plus intenses, fréquentes et longues. Météo-France indique également que d’ici 2050, 2 fois plus de vagues de chaleur sont à prévoir en France.
Face à ce constat, il nous a semblé essentiel de lister des pistes simples à mettre en œuvre et efficace pour lutter contre ces épisodes de canicule.
Les villes : des espaces particulièrement vulnérables
Les villes sont directement et fortement impactées par ces épisodes de forte chaleur en raison de l’effet d’ilot de chaleur urbain. Ce phénomène, dangereux pour les populations les plus fragiles, provoque également un inconfort pour l’ensemble des citadins.
Des nombreuses solutions existent et elles peuvent parfaitement s’adapter à votre contexte local. Elles peuvent être classées suivant deux axes :
- Les solutions « vertes » fondées sur la Nature,
- Les solutions « grises » qui renvoient aux infrastructures urbaines.
Il est important de rappeler que l’ilot de chaleur urbain est un phénomène complexe et multifactoriel. Pour lutter efficacement contre les ICU, il est essentiel d’en connaître la cause et surtout de superposer et d’accumuler les solutions présentées ci-dessous pour un effet plus rapide et efficace.

Les solutions "vertes"
fondées sur la nature
De nombreuses études le prouvent : plus le taux de végétalisation est important en surface et en densité, plus l’effet recherché de rafraichissement sera présent.
Le végétal et l’eau sont deux sources essentielles et indispensables pour rafraichir les villes.
1. Les pelouses et les prairies
Les zones enherbées peuvent être efficaces suivant certaines conditions. Ombragées, ce sont des lieux agréables qui n’accumulent pas la chaleur et qui présentent l’avantage de désimperméabiliser le sol. En journée, elles ne présentent pas un impact significatif sur la diminution de la chaleur.

2. Les arbres

Les arbres jouent un rôle grâce à deux phénomènes : l’ombre et l’évapotranspiration. Ces deux éléments ensemble permettent de réduire sensiblement la température en ville. En effet, un arbre mature peut perdre jusqu’à 450 litres d’eau par jour simplement à l’aide de l’évapotranspiration. Par exemple, selon Dimoudi et Nikolopoulou (2003), une rangée d’arbres diminue la température de l’air environnant d’1 °C.
3. Les espaces verts urbains
Ces espaces sont de véritables « poumon vert » créant de vrais ilots de fraicheur. L’effet recherché de rafraichissement dépend de nombreux facteurs : la surface, les essences des végétaux, l’exposition, l’eau présente ou non etc… Les impacts peuvent aller jusqu’à plusieurs degrés en moins.
De nombreuses études montent aussi que les parcs dans les zones urbaines rafraichissent l’air ambiant mais ont aussi une incidence dans un périmètre plus large. Une étude à Tel-Aviv de Shashua-bar et Hoffman a montré que les effets de fraicheur dégagés par un parc se ressentait dans un rayon de 100m autour.
Le vent a aussi son importance car il peut transporter cet air plus frais et ainsi diffuser de la fraicheur.

4. Les parkings végétalisés

Il existe différentes solutions pour limiter les effets des rayonnements du soleil sur les toitures. Les études montrent cependant que le plus efficace est le toit végétal et de loin. Par exemple pendant une journée ensoleillée de 26°C, un toit classique foncé peut atteindre jusqu’à 80°C, un toit blanc 45°C et un toit végétal 29°C !
Ces toitures permettent des bénéfices en cascade : améliorer le confort intérieur, réduire la consommation des climatiseurs donc de baisser l’air chaud expulsé par ces derniers et donc limiter indirectement la surchauffe urbaine.
5. Les toitures végétalisés
Il existe différentes solutions pour limiter les effets des rayonnements du soleil sur les toitures. Les études montrent cependant que le plus efficace est le toit végétal et de loin. Par exemple pendant une journée ensoleillée de 26°C, un toit classique foncé peut atteindre jusqu’à 80°C, un toit blanc 45°C et un toit végétal 29°C !
Ces toitures permettent des bénéfices en cascade : améliorer le confort intérieur, réduire la consommation des climatiseurs donc de baisser l’air chaud expulsé par ces derniers et donc limiter indirectement la surchauffe urbaine.

6. Les façades végétalisés

La végétalisation des façades est importante car elle a une action directe sur l’espace public et le confort des usagers. Leur efficacité dépend du type de façade, des plantes utilisées et de l’irrigation.
A noter que pour protéger les façades il existe d’autres techniques non végétales mais efficaces comme les protections solaires amovibles (pare-soleil, store…) ou fixes (auvent, brise-soleil, persiennes…), des vitrages spécifiques (doubles, triples, antiémissifs…), des matériaux réfléchissants etc.
7. Les murs végétalisés
Les murs végétalisés sont aussi, suivant certaines conditions, de bons moyens de gagner en fraicheur notamment dans les zones très denses où la surface au sol est limitée.
Les études de Kingsbury et Dunnett en 2008 ont montré que la température maximale des murs végétaux était de 30°C contre 60°C pour les murs classiques.

8. Les plans d’eau et les rivières

L’eau joue un rôle essentiel dans le rafraichissement des villes. Suivant la surface et l’environnement, l’impact aura plus ou moins d’effet positif.
A noter que beaucoup de petits ruisseaux, canaux etc ont été enfouis pour créer de nouvelles infrastructures.
La remise en eau de ce type d’ouvrage joue un rôle important dans le rafraîchissement des villes au-delà de nombreux autres aspects positifs (amélioration du cadre de vie, préservation de la biodiversité etc…).
9. Les ouvrages paysagers de gestion de pluie
Que ce soit des ouvrages permanents ou temporaires, ces dispositifs tout comme les plans d’eau et rivières vont créer des milieux humides qui vont favoriser l’évaporation et l’évapotranspiration des végétaux refroidissant ainsi l’espace environnant. Nous pouvons citer en exemple les jardins pluviaux, les bassins de rétention, les noues paysagères, les puits d’infiltration etc… Nous pouvons citer par exemple le projet de longue date de la ville de Lille qui souhaite remettre en eau les canaux du centre historique.

Les solutions "grises" renvoyant aux infrastructures urbaines
Ces solutions regroupent l’ensemble des dispositifs liés aux infrastructures urbaines et ce qui compose l’espace public.
10. La forme urbaine
La forme urbaine conditionne fortement les effets de surchauffe des villes. En effet, des études prouvent que des grands bâtiments et des rues étroites peuvent nuire à la bonne ventilation des centres urbains. La morphologie urbaine peut également influencer la circulation automobile et encourager les apports de chaleur.
Les formes urbaines dites bio-climatique permettent de favoriser la circulation des vents, de limiter la stagnation de la chaleur la nuit et de créer de l’ombre le jour.

11. L’eau en ville

Les fontaines, les bassins, les jets d’eau, les aires de jeux aquatiques ou encore les brumisateurs ont un rôle de rafraîchissement local très intéressant et sont en plus, souvent plébiscité par les citadins.
En revanche, l’impact de ces dispositifs demeure localisé et rapidement dispersé en présence de vent.
12. L’Arrosage de l’espace urbain
L’arrosage de l’espace urbain vise à reproduire l’effet naturel d’une pluie d’été tombant sur la ville. Ce dispositif rafraîchit la ville par évaporation.

13. Les structures d’ombrage

Les structures d’ombrage en milieu extérieur permettent d’améliorer le confort du citadin en été car elles le protègent du rayonnement direct du soleil, au même titre que les arbres ou les bâtiments.
L’idéal reste les structures d’ombrage végétalisées qui en plus d’apporter de l’ombre seront plus fraiche grâce au phénomène d’évapotranspiration.
A privilégié aux structures composées de brumisation, moins écologique et ayant un cout plus conséquent (système de pompage et filtration de l’eau etc…).
14. Les revêtements à albedo élevé
Les revêtements à albédo élevé sont caractérisés par leur fort pouvoir réfléchissant.
Ils améliorent la température de l’air mais peuvent dégrader le ressenti thermique en augmentant l’énergie renvoyée vers le piéton.

15. Les revêtements drainants

Les revêtements drainants prévoient un ouvrage de récupération des eaux en cas de pluie.
À partir de ce stockage sous-terrain, l’eau pluviale est réinjectée goutte-à-goutte à travers les pavés par capillarité et s’évapore, créant un effet de refroidissement.
Il existe de nombreux matériaux drainants que ce soit pour les chaussées, les trottoirs, les pistes cyclables etc…
16. La favorisation de la mobilité douce
Le développement des mobilités alternatives et douces au profit de l’automobile est aussi un moyen de lutte contre le réchauffement de l’air. Pour rappel, une voiture demande 4 fois plus d’énergie qu’un autobus par kilomètre.
Cela peut se faire en développant un réseau de transport en commun performant et fiable, de créer un maillage de bandes et pistes cyclables, de voies vertes, d’élargir les trottoirs, de donner la gratuité des transports en commun, de limiter la vitesse des véhicules à l’aide de zone 30 ou zone de rencontre, de piétonniser davantage de rues etc…

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